Diablo III souffre-t-il d’un vice caché ?
31 mai 2012
"Il y a vice caché si on peut établir que le défaut découvert sur le produit acheté existait avant l'achat et était inconnu au moment de l'achat et qu'il altère ou amoindrit le produit pour le prix payé." L'éditeur Blizzard aurait-il fabriqué un synonyme vidéoludique au vice caché en la personne de 'l'erreur 37", désormais page d'accueil officieuse de Diablo III, ce qui peut se traduire par "repasse demain, là, les serveurs sont HS". Depuis sa sortie le 15 mai dernier, Diablo III, un jeu d'enfer produit par un éditeur diaboliquement doué, Blizzard, s'affiche également comme jeu infernal. Difficile d'y jouer car cette simple action nécessite une connexion pour identification afin d'éviter le piratage. Rappelons tout de même que Diablo III est un jeu solo, certes jouable en multijoueur en ligne, mais qu'il est, par essence, solo, c'est-à-dire qu'il n'a aucun besoin d'Internet pour fonctionner. Sauf que non. Imposant cette connexion permanente obligatoire, le jeu n'est pas jouable en avion ou dans le train, et au passage, ce DRM déguisé n'empêche nullement le piratage, mais bref passons, le plus grave est ailleurs. Car, malgré des milliards de dollars amassés chaque année, un service technique d'excellence ayant déjà fait face à l'armada de joueurs sur World of Warcraft, sans oublier un service marketing aux petits oignons pouvant sentir les coups et calculer la future affluence d'un jeu, les serveurs dédiés à cette authentification de millions de joueurs ne suivent pas. Résultat : impossible de jouer. Passe encore le premier soir de sortie, la situation n'a guère évolué, l'erreur 37 rôdant encore de ci de là.
Mais il y a pire encore, la manière dont les joueurs mécontents sont traités, parfois affublés de doux noms comme haterz ou trolls parce qu'ils sont mécontents de la situation. Si les dits trolls ou haterz sont légions il est vrai, ce cas là est bien différent. Imaginons que vous achetiez une voiture. Vous la payez cash. Et imaginons alors que le concessionnaire vous refuse l'accès à votre nouvelle acquisition en prétextant qu'il y a trop de circulation dehors. Vous voilà fou de colère, déversant l'injustice sur les forums. Et cerise sur le gâteau, on vous traite de zozo qui critique sans raisons valables. Dans le secteur de l'automobile, rassurez-vous, cela ne peut se produire. Mais dans le jeu vidéo, si. Non seulement Blizzard est en faute sur ce point mais les clients de Diablo III (le fait qu'ils soient aussi des joueurs ne change rien) ont 100% raison. Un jeu solo doit être accessible. Si non ? Peut-on parler de vice caché ?
Selon la presse coréenne, une enquête a été lancée par la FTC contre Blizzard. L'autorité reproche à l'éditeur de Diablo III de ne pas avoir remboursé certains joueurs qui en ont fait la demande lorsque ces derniers ont connu des problèmes de connexion. Il parait que la législation coréenne est très protectrice pour le consommateur. Ils peuvent même envisager d'obtenir le remboursement du produit. En France, ces problèmes de connexion au jeu solo auraient été signalés par quelques joueurs auprès de la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes). En novembre dernier, l’UFC-Que Choisir avait tiré la sonnette d’alarme en déposant plainte contre trois distributeurs et quatre éditeurs de jeux pour pratiques commerciales trompeuses. Joueur = consommateur, n'en déplaise à certains. Là, j'ai très envie de jouer à Diablo III. Et là encore, nada.
